BENDIR et thizemarin (pipeau constitué de deux roseaux accolés dont la
double sortie de deux pavillons est en corne) sont les seuls instruments
de musique présents au spectacle folklorique offert par le ballet de danse
folklorique Assirem qui nous vient de Ath Yenni, un ensemble de 5 villages
sur les hauteurs de Tizi Ouzou, connus pour leurs bijoux en argent.
Mercredi et jeudi derniers, à la radio algérienne et au palais de la
Culture, le public a assisté à une prestation folklorique où le bendir et
thimzemarin se dispu-taient l'espace et le rythme.
Le spectacle se compose de 17 tableaux. Le premier s'ouvre sur une musique
très festive, ponctuée de belles démonstrations de danses traditionnelles
effectuées par une quinzaine de danseuses.
Vêtues d'habits traditionnels, les hanches enserrées par une «tamehremet»
(pagne), les silhouettes se déplacent avec des mouvements souples et un
roulis de hanches d'une vitesse vertigineuse. En groupe, les danseuses
rééditent une chorégraphie aussi ancienne que la kabylie.un peu plus loin
on entend les youyous stridents des femmes qui se rapprochent de plus en
plus. Ils annoncent l'arrivée imminente de la mariée. Quelques instants
plus tard, celle-ci, vêtue d'un burnous et entourée de deux «demoiselles
d'honneur», avance vers la scène.
Tout en continuant de danser, les femmes la conduisent au centre de la
scène. Là, la mariée s'assoit à même le sol. Les musiciens accueillent la
mariée par une musique de plus en plus vibrante, au son d'un bendir qui
s'emballe et de thizemarine plus aiguës que jamais.
Quelques fois, thizemarine battent en retraite pour laisser le bendir
prendre les devants. Mais elles reviennent toujours à la charge et
reprennent de plus belle.
Les musiciens et les dan-seuses, sans oublier le public, baignent tous
dans une belle ambiance festive, surtout qu'elle est enrichie de «ehou» et
des «afous» qui fusent de partout. Puis, vient le moment où la musique
s'arrête complètement. C'est le moment de mettre (le henné) à la la
mariée. Une des danseuses (Lamya Amhis) prend le micro, s'assoit à côté de
tislith ( la mariée) et interprète les chansons de circonstance
traditionnelles. Elle lui prend la main et lui chante avec sa voix claire
des titres anciens tels que «Amoukniagh et henni». Forte et fragile à la
fois, la poésie chantée donne des frisons.
Après cette «petite pause», la musique reprend son rythme effréné. Les
danseuses, inépuisables, continuent de régaler l'assemblée à travers des
mouvements gracieux et rapides qu'elles offrent généreusement aux regards
et ce, jusqu'à la fin du spectacle.
La troupe Assirem, charpenté par Hamid Adel, est composée de 22 éléments
tous originaires de Ath yenni. Créé en 1982, la troupe s'est fait
connaître à travers des tournées qu'elle a effectuées sur le territoire
national et en Europe.
C'est ainsi qu'Assirem s'est fait inviter à des festivals dont celui de
Marseille où il a eu le second prix du meilleur ballet au niveau
international. Un autre prix, celui de la danse, lui a été décerné lors du
festival national de Sidi Bel Abbés. F. B