Quotidien LA TRIBUNE  RUBRIQUE CULTURE le vendredi 24 mars samedi 25 janvier 2003

 

Le ballet de danse folklorique s'inspire de la culture ancestrale

Assirem fait revivre " tamaghra" des Ath Yenni

     Le ballet folklorique kabyle Assirem (espoir) a présenté au public algérois une mise en scène d'un mariage typique de Ath Yenni (Tizi Ouzou). Chants musiques et danses traditionnelles illustrent chaque tableau du spectacle

par Farida BELKHIRI

 

BENDIR et thizemarin (pipeau constitué de deux roseaux accolés dont la double sortie de deux pavillons est en corne) sont les seuls instruments de musique présents au spectacle folklorique offert par le ballet de danse folklorique Assirem qui nous vient de Ath Yenni, un ensemble de 5 villages sur les hauteurs de Tizi Ouzou, connus pour leurs bijoux en argent. Mercredi et jeudi derniers, à la radio algérienne et au palais de la Culture, le public a assisté à une prestation folklorique où le bendir et thimzemarin se dispu-taient l'espace et le rythme.
Le spectacle se compose de 17 tableaux. Le premier s'ouvre sur une musique très festive, ponctuée de belles démonstrations de danses traditionnelles effectuées par une quinzaine de danseuses.
Vêtues d'habits traditionnels, les hanches enserrées par une «tamehremet» (pagne), les silhouettes se déplacent avec des mouvements souples et un roulis de hanches d'une vitesse vertigineuse. En groupe, les danseuses rééditent une chorégraphie aussi ancienne que la kabylie.un peu plus loin on entend les youyous stridents des femmes qui se rapprochent de plus en plus. Ils annoncent l'arrivée imminente de la mariée. Quelques instants plus tard, celle-ci, vêtue d'un burnous et entourée de deux «demoiselles d'honneur», avance vers la scène.
Tout en continuant de danser, les femmes la conduisent au centre de la scène. Là, la mariée s'assoit à même le sol. Les musiciens accueillent la mariée par une musique de plus en plus vibrante, au son d'un bendir qui s'emballe et de thizemarine plus aiguës que jamais.
Quelques fois, thizemarine battent en retraite pour laisser le bendir prendre les devants. Mais elles reviennent toujours à la charge et reprennent de plus belle.
Les musiciens et les dan-seuses, sans oublier le public, baignent tous dans une belle ambiance festive, surtout qu'elle est enrichie de «ehou» et des «afous» qui fusent de partout. Puis, vient le moment où la musique s'arrête complètement. C'est le moment de mettre (le henné) à la la mariée. Une des danseuses (Lamya Amhis) prend le micro, s'assoit à côté de tislith ( la mariée) et interprète les chansons de circonstance traditionnelles. Elle lui prend la main et lui chante avec sa voix claire des titres anciens tels que «Amoukniagh et henni». Forte et fragile à la fois, la poésie chantée donne des frisons.
Après cette «petite pause», la musique reprend son rythme effréné. Les danseuses, inépuisables, continuent de régaler l'assemblée à travers des mouvements gracieux et rapides qu'elles offrent généreusement aux regards et ce, jusqu'à la fin du spectacle.
La troupe Assirem, charpenté par Hamid Adel, est composée de 22 éléments tous originaires de Ath yenni. Créé en 1982, la troupe s'est fait connaître à travers des tournées qu'elle a effectuées sur le territoire national et en Europe.
C'est ainsi qu'Assirem s'est fait inviter à des festivals dont celui de Marseille où il a eu le second prix du meilleur ballet au niveau international. Un autre prix, celui de la danse, lui a été décerné lors du festival national de Sidi Bel Abbés. F. B